Article Ouest-France

Parfois talentueuse, souvent opiniâtre, l'équipe de Michel Der Zakarian semble afficher les qualités requises pour retrouver l'élite.
Les adeptes du parachute peuvent en témoigner. Le second saut dans le vide est à coup sûr le plus compliqué à appréhender. L'exercice vaut pour le FC Nantes. Après la promenade de santé initiale face à Reims (5-0), le déplacement de Châteauroux, dans l'ambiance champêtre de Gaston-Petit, avait une valeur hautement plus symbolique. Examen réussi. La bande de Michel Der Zakarian a touché le coeur de la cible, non sans quelques turbulences. Mais comme dirait cet initié à La Ligue 2, « Metz, c'était rarement très folichon à l'extérieur et à l'arrivée ils sont montés. »
Vendredi soir, le FCNA est tout bonnement rentré de plain-pied dans la dure réalité de la L2. « Ce n'est pas péjoratif de s'exprimer ainsi, mais c'est le style L2. On y pratique un jeu direct, avec quelques bons manieurs de ballons. » a prévenu le latéral droit, Olivier Thomas, soumis à rude épreuve car parfois oublié dans les tâches défensives par Frédéric Da Rocha. « Beaucoup d'équipes laisseront des points ici, c'est donc encourageant » a d'ailleurs fort justement fait remarquer David De Freitas à sa sortie du terrain.
Au vu de ses deux premières rencontres, le FC Nantes possède incontestablement une longueur d'avance vis-à-vis de ses adversaires, dans les domaines physiques et techniques. La présence d'une tour de contrôle dans chaque ligne (Pierre en défense, Shereni en milieu et Bagayoko en attaque) suffit pour s'en persuader. En deux rencontres, il n'a d'ailleurs pour ainsi dire pas concédé d'occasions si on excepte la furie désorganisée des Castelroussins dans le dernier quart d'heure où des ballons ont dangereusement circulé devant Tony Heurtebis. Avec Capoue et Bagayoko, le FCNA dispose également d'éléments de puissance et de vitesse capables d'affoler n'importe quelle équipe. En cas de jeu placé, Da Rocha et Goussé sont à même de prendre le relais. Impliqué sur six des sept buts nantais inscrits à ce jour, Bagayoko a confirmé qu'il évoluait un ton au-dessus de tous ses coéquipiers, à tel point que la « Baga-dépendance » est en marche. Dangereux, surtout si la nouvelle équipe dirigeante appuyait sur le détonateur Michel Der Zakarian. Au vu des manifestations de joie accompagnant chacune de ses réalisations, le grand échassier nantais semble particulièrement en phase avec un entraîneur qui l'avait placé au centre de ses priorités lors du marché estival. « L'emporter alors que nous étions menés 1-0 s'avère une grosse satisfaction, a tenu à préciser Olivier Thomas. Déjà, cela fait partie des étapes dans la vie d'un groupe. C'est un signe qu'il vit bien, sait rester soudé au lieu de baisser les bras. » Un message adressé au nouveau président Waldemar Kita.
Michel Der Zakarian a d'ailleurs bien vite rebondi « sur la force de caractère de son groupe », sans faire abstraction toutefois des carences d'ordre technique, tactique et physique de sa formation. « On a péché physiquement dans le dernier quart d'heure, ce qui nous a amenés à reculer. On va mettre les bouchées doubles cette semaine à l'entraînement. » Soumis au régime du petit écran, le FCNA va devoir constamment jongler entre les matches du vendredi et du lundi. « En début de saison, alors que vous sortez d'un stage de préparation, quatre jours de repos seulement, ce n'est pas insignifiant » a rappelé Olivier Thomas. Si Nantes est à même de se créer des occasions, il va devoir apprendre à les concrétiser afin de vivre plus sereinement ses fins de rencontres. De même, la qualité technique d'un David De Freitas doit permettre aux Canaris de confisquer plus aisément le cuir. « C'est sûr que l'on doit mieux tenir le ballon et mieux le ressortir. » Depuis son poste d'observateur, Claude Robin, le conseiller sportif de Waldemar Kita, pouvait regretter que le FCNA ne se soit pas penché sur le dossier Yann Lachuer aujourd'hui Castelroussin. Deux ou trois nouveaux visages ne seront donc pas superflus, surtout dans l'optique de 2008-09.
Christophe DELACROIX.
Ouest-France
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