Bagayoko absent au havre
Il suffit qu'il reste silencieux pour que le FC Nantes ne gagne pas. Voilà Mamadou Bagayoko au temps de sa cabotine splendeur. Aphone avec les médias, silencieux avec ses coéquipiers mais diablement efficace. Trois buts en trois matches. Une implication dans six des neuf réalisations nantaises. « Un leader à sa manière » selon la définition du défenseur Olivier Thomas. « Pas un grand bavard mais un joueur qui compte énormément dans le groupe et dont l'absence sera préjudiciable. » Un attaquant à la mode body sculpteur dont la formation de Michel Der Zakarian est devenue totalement dépendante.
« Avec lui, on peut jouer long, acquiesce le latéral gauche. On peut se reposer sur ses appels, sur sa qualité de conservation de balle dos au but et sur sa faculté à se déplacer sur la largeur. » Seulement, comme nous l'annoncions dès mardi, Mamadou Bagayoko ne sera pas du déplacement au Havre en raison d'une lésion musculaire. « Pour autant, il y aura bien un match en Normandie lundi » rassure son compère de l'attaque Nicolas Goussé.
Il ne faut pas résumer notre début de championnat à un joueur même si j'ai vanté les qualités indéniables de Baga. À nous de nous adapter, d'évoluer dans un autre registre. Le club vient de recruter un Thomas (Dossevi) pour jouer devant... »
Même si à Nungesser, Antoine Kombouaré lui confiait par parcimonie le couloir droit, l'ex-Valenciennois semble le plus apte pour assurer l'intérim de Bagayoko. « En fait, je suis un joueur qui prend les espaces. Évoluer en une-deux, obtenir des fautes, y aller en puissance ne me déplaît pas. Après, il existe un jeu à la nantaise auquel je devrais m'adapter. Le registre de Nicolas Goussé, tout en déviation, n'est pas pour me déplaire ». Le Togolais se dit en tout cas apte au service. « Après, c'est une question de complémentarité et d'acclimatation sachant que je suis à l'hôtel. »
Deux options s'offrent à Michel Der Zakarian : Goussé-Dossevi en pointe dans un traditionnel 4-4-2 ou Goussé seul devant avec Dossevi sur la droite, Da Rocha dans l'axe et Capoue (ou Moullec) à gauche dans un moins conformiste 4-2-3-1. Faîtes vos jeux. Troisième option : faire confiance pleinement à Claudiu Keserü dont le temps de jeu se limite à ce jour à deux apparitions comme remplaçants. 65'sur la pelouse de la Beaujoire pour aucune réalisation, pas même la moindre occasion de but. Le jeune international roumain donne plutôt l'impression de chercher son chemin en plein brouillard, marchant sur les talons de Goussé ou oubliant ses partenaires.
« J'ai eu une période difficile à l'occasion des deux premières rencontres, reconnaît l'intéressé. Maintenant, je me sens beaucoup mieux. Je m'attendais à autre chose. Je n'étais pas très content. Je ne m'y suis pas bien pris également. Je n'étais pas individualiste, je n'étais pas dedans tout simplement. » Quand on lui demande avec lequel de ses coéquipiers, il serait le plus à même d'évoluer, Keserü prend un chemin détourné. « Ils (Goussé et Bagayoko) ont eu leur chance, moi je n'en ai pas encore profité. Je souhaite augmenter mon temps de jeu. » La lueur va t-elle venir du banc ?
Ouest France