Pascal Praud dans 20mn !
. Pascal Praud, directeur général délégué en charge du marketing et de la communication.
Depuis début janvier, vous êtes officiellement salarié du FC Nantes. Quel est votre rôle exact ?
Waldemar Kita a défini une politique de rénovation de la maison jaune. Moi, je vais m'occuper de la communication et du marketing. Par exemple, j'ai beaucoup insisté auprès du président pour avoir cette télé sur Internet. On projette également de travailler sur une nouvelle présentation de la Jonelière, à travers toute une série d'expos de photos qui rappellent la vie du club...
N'est-ce pas risqué de quitter la sécurité de l'emploi de TF1 pour un milieu plus précaire ?
Vous avez raison. Mais je suis venu pour trois raisons. Tout d'abord, parce que c'est Kita le président. Il n'y a que lui qui pouvait me sortir de TF1, où j'étais rédacteur en chef depuis deux décennies. De plus, je suis nantais et j'ai toujours aimé ce club. Enfin, j'ai des rapports privilégiés avec le milieu du foot.
Vous n'aurez plus la liberté de ton du journaliste...
Non. Mais de toute façon, je ne veux plus me mettre en avant. Je suis un simple collaborateur.
Envisagez-vous un retour au journalisme à long terme ?
Je suis resté vingt ans à TF1. Maintenant, mon voeu c'est de rester vingt ans au FC Nantes [rires]... Souvent, les journalistes, quand ils sont témoins longtemps, ont envie de devenir acteurs.
Vous avez le sentiment d'avoir fait le tour à TF1 ?
C'est prétentieux, si je dis ça. Mais, c'est vrai que j'ai présenté «Téléfoot», j'ai été associé aux grands événements de la chaîne et j'ai travaillé avec les «papes» du milieu...
Avez-vous été touché par les critiques à votre arrivée [un article de presse a dénoncé son salaire? 15.000 euros mensuels ? alors que le club allait licencier des salariés] ?
Je suis un grand garçon. Je ne suis dupe de rien. Ce qui est agaçant, c'est que mon salaire à l'époque n'était même pas fixé !
Comprenez-vous la défiance des supporters à l'encontre de Kita?
Mais il n'y a aucune défiance. Ou ils sont trente, une minorité, à lui chercher des histoires. Le problème pour certaines personnes, c'est que Kita représente le pouvoir fort. Il veut changer les choses. Et ce type de personnalités, les journalistes se font un malin plaisir à les attaquer.
Ne paie-t-il pas un passé nébuleux à Lausanne ?
Mais il passe son temps à en parler ! Il a beau expliquer, on lui ramène toujours ça. Il a le sentiment d'avoir plutôt bien réussi sportivement. Car quand il est parti, le club s'est cassé la gueule. Il pense que comme il n'était pas suisse, il en a pris plein la gueule...
A Nantes, ne doit-on pas redonner le pouvoir au domaine sportif?
Kita considère que la réussite de Lyon, c'est celle d'Aulas. Dans le foot, il faut un pouvoir fort, identifié et financier. Le FC Nantes a changé d'ère. L'arrivée de Kita marque une rupture avec ce qui se faisait ces dernières années. C'est lui, le taulier.
Recueilli par David Phelippeau