Kita et l'UNICATEF ça chauffe...
Même si elle n'avait pas reçu de cartons d'invitation, l'Union nationale des entraîneurs et cadres techniques du football français (Unecatef) n'est pas restée insensible aux propos tenus par Waldemar Kita, le 19 mai dernier dans le cadre champêtre du château de la Poterie, à La Chapelle-sur-Erdre. Pour sa conférence de bilan de saison, le président du FC Nantes s'était singularisé avec quelques envolées dont il a le secret. Pour mémoire. « Je n'aurai jamais confiance en un coach. » Autre florilège : « De manière générale, les entraîneurs ne savent pas s'adapter vite et bien. Je suis surpris par la faiblesse d'analyse de certains coaches à la fin des matches. » Pour clôturer : « Je pense que les entraîneurs ne savent pas gérer des hommes. »
En l'espace d'une demi-journée, les propos de Waldemar Kita ont fait le tour de la petite confrérie des entraîneurs, avec un détour par Metz où réside le président de l'Unecatef, Joël Muller : « J'ose espérer et je reste persuadé qu'il ne pense pas ce qu'il dit. Dans le cas contraire, il a tort. C'est comme si je portais un jugement de valeur sur les bouchers ou les pâtissiers. Ce qui est intéressant, c'est la conception qu'il a du rôle du président et de l'entraîneur. Au passage, quand on juge les entraîneurs, on juge tout le monde : Ferguson, Wenger ou Houllier... C'est désagréable d'entendre que l'on n'a pour ainsi dire pas besoin d'entraîneur dans un club. Si on ne veut pas avancer et faire preuve de mauvaise foi, gérer un club comme un président économiste, peut-être qu'un entraîneur en est également capable... S'il a tous les diplômes, autant qu'il se lance, vienne tous les matins assurer les entraînements, gère un groupe de 30 joueurs, et là, on verra. »
« Encore un présidentqui veut tout péter »
Si Jöel Muller vote l'apaisement, l'Unecatef n'entend pas rester un spectateur neutre. « On doit tendre au contraire vers la cohésion. Pour réussir dans les affaires, je pense qu'il a travaillé en harmonie et dans le respect mutuel avec ses collaborateurs. Je lui laisse donc des circonstances atténuantes. On va dire qu'il a voulu marquer les esprits, et qu'il l'a fait d'une façon maladroite. Si ça peut l'aider... On n'a pas l'intention de rester indifférent à ce qui va se dérouler à Nantes. »
Depuis Tignes où il se trouvait avec l'équipe de France, son président-délégué, Pierre Repellini s'est montré plus direct : « Encore un jeune président qui veut tout péter et manger dans la boîte avant de l'avoir ouverte. J'attends de voir ses compétences, mais vu le travail qu'il a réalisé à Lausanne... » Dans le petit monde des instances nationales, le FC Nantes peut déjà se dire qu'il ne compte pas que des amis...