Ancien Nantais : Daniel Eon raconte !

Publié le par korrigans naonedis


À l'approche du championnat d'Europe des nations qui débutera lundi pour la France, l'album « Les Jaunes en Bleu » retrace la saga des joueurs du FC Nantes qui ont honoré le maillot national brodé du coq. L'occasion également de se remémorer avec Daniel Éon certains des plus illustres d'entre eux



Qu'ils aient évolué de 1943 à 1963 avec les Canaris, alors que ces derniers plaçaient leurs espoirs dans un accès à la première division, ou qu'ils aient arboré la tunique jaune durant les 44 saisons de L1 qui suivirent, les internationaux ont jalonné l'histoire du club cher à la cité des ducs.

Aujourd'hui, si l'on excepte Mickaël Landreau, récusé au dernier moment du groupe des 23 sélectionnés pour le rendez-vous austro-suisse, deux ex-Canaris formés au centre José-Arribas témoigneront encore de la présence du FCN au plan international.

Il s'agit de Claude Makelele et de Jérémy Toulalan, titulaires potentiels de Raymond Domenech, dont vous pouvez retrouver les souvenirs en jaune et en bleu dans cet album qui se veut tout aussi riche en anecdotes, qu'éclectique en ressources iconographiques.

« Blessé en sautant de joie »

Acteur de la première montée du FC Nantes en élite au printemps 1963, puis champion de France et international, Daniel Éon, que nous avons rencontré après la parution des Jaunes en Bleu, évoque les images qui lui reviennent en feuilletant l'album.

« Normalement, j'avais gagné ma place pour la Coupe du monde 66 sur les deux matches précédents où j'avais joué. Lors de ma deuxième sélection j'étais capitaine de l'équipe de France. Selon Fontaine, comme j'étais capitaine à Nantes et qu'il y avait six joueurs de Nantes dans l'équipe (Budzynski, De Michele, Simon, Gondet, Blanchet et lui), il trouvait logique de me confier le capitanat.

« J'ai eu la malchance de me blesser (rupture du tendon d'Achille lors du dernier match de la saison avec le FCN, ndlr) en sautant de joie à l'impulsion. C'est très c... Je n'avais eu aucune alerte. Il se peut qu'avec huit-dix jours de repos ça aurait suffi pour qu'il y ait un début de guérison.

« J'ai été repris après ma rupture en sélection, mais le sélectionneur a changé, c'est passé à Duguauguez. Il avait ses hommes et ses idées. Il ne m'a même pas appelé comme remplaçant. Il a repris Carnus qui était avec moi.

« La Coupe du monde était moins médiatisée que maintenant, mais c'était quand même un événement assez extraordinaire. Ne pas y aller, c'est le gros regret de ma carrière. Je regardais les matches à la télévision, j'avais été sollicité par un journal parisien pour faire des commentaires. »

« À la Beaujoire, ce n'est plus du tout pareil »

Une autre époque, notamment en terme de médiatisation : « Il y a eu des menaces terroristes sur les équipes qu'il faut prendre au sérieux et maintenant, pour l'Euro, la sécurité ferme les accès un kilomètre autour de l'hôtel. Les joueurs sont inabordables. À Nantes, en sortant du stade, il n'y avait aucun cordon de sécurité. Au contraire, moi j'ai bu des coups dehors à Saupin sur des tables avec des amis. Il y avait des supporters qui passaient, ils discutaient un peu. Le côté buvette et saucisses juste à la sortie du stade, ça fait partie du folklore. Quand je vais à la Beaujoire, ce n'est plus du tout pareil. »

Comme tous les anciens de la Maison Jaune, Daniel Éon garde également un oeil critique sur la période actuelle : « Ils étaient ennuyeux cette année ; heureusement qu'ils avaient pris de l'avance... Le recrutement a peut-être été bien fait pour une remontée en Ligue 1 avec des gars courageux, mais ils ne se précipitent pas pour le recrutement. Jusqu'ici ils n'ont acheté que des remplaçants et un ou deux joueurs de Ligue 2. Il n'y a pas un seul nom ronflant. »

Patience Monsieur Éon, l'une des prochaines recrues fera peut-être l'étalage du talent nécessaire pour figurer dans le prochain album de Presse-Océan. Qui sait...

OJL Terrien

Presse-Océan


Daniel Eon

Daniel Eon, né le 20 décembre 1939 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), est un ancien gardien de but international français de football.

Il se classe premier au Concours du Jeune Footballeur en tant que minime au Sporting Club Nazairien, puis obtient comme cadet le titre de meilleur jeune footballeur de l'Ouest. En 1956, à l'âge de 17 ans, il rejoint le FC Nantes, alors en Division 2 et qui n'a pas encore acquis la réputation de club formateur dont il bénéficie aujourd'hui. Il s'installe dans le but nantais au début des années 60, au moment où l'entraîneur José Arribas bâtit les principes du célèbre "jeu à la nantaise" autour d'une prometteuse génération de jeunes formés au club. Les résultats suivent avec la montée en Division 1 en 1963, puis deux titres consécutifs de champion de France en 1965 et 1966. Porté par les succès de Nantes, Eon devient un prétendant à l'équipe de France mais doit faire face à la rude concurrence de Marcel Aubour et Pierre Bernard. Le 5 juin 1966, il connaît enfin sa première sélection en match amical face à l'URSS à Moscou (3-3), à la veille de la Coupe du Monde pour laquelle il est pressenti comme titulaire. Malheureusement pour lui, Eon est victime d'une rupture du tendon d'Achille lors de la dernière journée du Championnat (en sautant de joie pour célébrer un but de son coéquipier Philippe Gondet qui fait alors de lui le meilleur buteur de l'histoire de la Division 1) et doit déclarer forfait pour le Mundial. C'est Marcel Aubour qui gardera le but tricolore lors d'un parcours médiocre qui voit les Bleus échouer au premier tour.

Remis de sa blessure, Eon revient au niveau international et se voit appelé deux nouvelles fois en équipe de France au printemps 1967, en matches amicaux à Paris face à la Roumanie (1-2) et l'URSS (2-4). Il est en ces deux occasions le capitaine des Bleus. Par la suite, la baisse de forme de Nantes et l'émergence d'un autre grand gardien, Georges Carnus, lui ferment définitivement les portes de l'équipe nationale. Suite à une nouvelle blessure, Eon doit mettre un terme prématuré à sa carrière professionnelle à la fin de la saison 1967-68, à 29 ans seulement.


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Publié dans La maison jaune

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M
c'est toujours avec plaisir que nous retrouvons une grande figure du fcn  et qui a porté tres hauts ses couleursbravo
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