Ligue 1 : Baup s'exprime au sujet de Nantes .
FC Nantes. En conférence de presse, le nouvel entraîneur a donné un aperçu de son enthousiasme, de son projet... et de sa « Kita compatibilité ».
Elie, vous avez conscience que la tâche ne va pas être simple ?
Le constat peut être très vite fait. Un premier mois avec un point. Si on s'en tient là, c'est la vérité, c'est difficile. Mais ce qui est important à mes yeux, c'est : que va-t-on construire tous les jours ? Comment va-t-on avancer ? Car sans parler d'état d'urgence, il faut avancer.
Quels ont été les arguments qui vous ont convaincu ?
Il s'agit d'un grand club, avec un challenge fort à relever avec un effectif qui n'est pas plus ridicule qu'ailleurs. Ensuite, il y a la dimension humaine. Tous les contacts que j'ai eus avec les gens qui dirigent ce club ont été de qualité. J'ai senti beaucoup de sincérité. Les échanges humains sont parfois en contradiction avec tout ce qu'on peut dire. J'ai reçu beaucoup d'appels avant d'avoir un contact direct avec M. Kita. Et il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour sentir la droiture et l'honneur du président. A partir de là, je fonce.
Envisagez-vous l'arrivée d'un joker ?
Ce n'est pas ma priorité. Pour moi, il est important de mettre en évidence les principes de jeu, les idées collectives. Car la réussite d'un groupe est surtout dans l'idée collective. On ne peut gagner des matches qu'en ayant une certaine idée du jeu, de l'intelligence, de la créativité. Il y a beaucoup de joueurs ici. Il y a de quoi faire une équipe. Dans un premier temps, je vais donc bien regarder et écouter ce qui se passe sur le terrain. Avant de parler d'un joker, il faut que je jauge les gens qui sont là.

« Il n'y a pas de passe-droit dans le football »
Que vous inspirent les matches de Nantes que vous avez vus ?
Il y a la potentialité pour faire des choses. Mais peu de choses séparent une équipe terminant 3e une saison, et 17e celle d'après. Il y a surtout une mentalité, une manière d'être au quotidien et sur le terrain. Je vais m'efforcer de faire passer des messages forts qui vont faire appel à la solidarité, à la défense du maillot. Et en même temps, comment on le fait. Par des idées très précises sur une organisation, défensive ou offensive. Comme tout entraîneur, je veux gagner, mais je veux aussi gagner avec la manière.
Avez-vous demandé au président à avoir les mains libres ?
Quand je suis arrivé, il avait des menottes ! Non, il y a eu un dialogue très clair sur le travail, cette idée de réussir. Des choses caricaturales sont parfois écrites. Moi, je n'ai pas senti dans notre entretien qu'il fallait que tel joueur reste dans un coin, que tel autre joue. J'ai senti qu'il fallait aller dans un projet, qu'on marque des buts, qu'on prenne des points. Avec des moyens qui sont donnés.
Vous concevez qu'un président puisse vouloir influer sur la composition d'équipe ?
Je conçois que, dans le football moderne, on échange, on parle. Mais chacun à sa place et les vaches seront bien gardées. Je peux même échanger avec la standardiste, avec l'intendant, mais je sais qu'ils ont une responsabilité. C'est ainsi que je travaille avec mes adjoints. En sachant que l'adjoint, le préparateur physique, celui des gardiens, ont chacun une autonomie de travail pour apporter leur pierre à l'édifice. Mais ils ne doivent pas empiéter sur la partie d'un autre. Moi je ne dois pas empiéter sur la partie du directeur sportif ou celle du président. Et réciproquement pour tout le monde.
Une semaine de travail avant PSG - Nantes, c'est assez ?
Je n'ai même pas à me poser cette question. Ce qu'il faut, c'est préparer un état d'esprit, mettre en place une dynamique, un groupe et des idées. Et les maintenir en espérant que cela porte rapidement ses fruits. Car on n'est pas dans une situation où on peut prendre son temps et expérimenter.

Tous les joueurs repartent à zéro, y compris ceux qui étaient à l'écart ?
Je n'ai aucune raison de me priver de ceux qui montreront leurs capacités et leur envie. Après, ce sera à moi de choisir. Comme je m'entraîne, je joue. Donc, ce que je vais voir tous les jours à l'entraînement me donnera des réponses. Si on veut me montrer, il faut me montrer à l'entraînement. Et si on veut me montrer à l'entraînement, il faudra mettre les protège-tibias !
Aviez-vous déjà connu cette situation de l'entraîneur arrivant en cours de saison ?
C'est la première fois que j'arrive au bout de deux mois. C'est une expérience. Mais je me suis engagé en connaissance de causes. Je ne vais pas ouvrir le parapluie.
Quelle idée avez-vous du jeu à la Nantaise ?
On aura l'occasion de reparler de jeu. Mais regardez notre championnat. Très peu de choses séparent les équipes. Certains caractéristiques reviennent : des organisations très compactes, ces blocs-équipes dont on parle toujours qui soit-disant empêchent le beau jeu. Après, tout dépend à quelle hauteur on récupère le ballon, quelles sont les zones qu'on protège... Ensuite il y a l'utilisation du ballon. En sachant que l'explosivité, la vitesse sont des éléments importants dans le football d'aujourd'hui. Il n'y a pas à avoir de jeu référent. L'important c'est la réalité du football d'aujourd'hui, et l'efficacité qu'il faut trouver. Après, on peut avoir aimé le football de Cruyff, celui de Sacchi, celui de Coco Suaudeau, moi, je suis confronté à la réalité de notre championnat.
Serez-vous l'entraîneur général du club, ou uniquement celui des pros ?
Par volonté commune du club et de moi-même, aujourd'hui, je me consacre à l'équipe professionnelle. Essayer que les résultats soient très positifs avec ce groupe.
Pierre-Yves ANSQUER.