Guy Lacombe et le FCNantes !
Le FCNantes et Guy Lacombe !
Nantes ça s'oublie pas
« C'est quoi le FC Nantes pour moi ? Oh là, là, là... Nantes, c'est le foot pro. Cela a changé ma vie. Plus que ça, c'est un miracle, un rêve... Imaginez. J'avais 20 ans, se remémore Lacombe. Je jouais en D3 à Albi. Je venais de faire une bonne saison. J'ai envoyé cinq courriers dans des clubs de Ligue 1. Nantes a été le seul à me répondre. Quelques jours plus tard, je me suis retrouvé à Marcel-Saupin pour disputer un match de Coupe des Alpes face au FC Bâle. J'ai débarqué avec mes chaussures bleues. Je me suis fait chambrer, je ne vous raconte pas... Mais un homme a tout changé. Henri Michel est venu me voir quelques instants avant la rencontre et m'a demandé : « Hé petit, tu les veux comment les ballons ? Dans les pieds ou dans l'espace ? » Je jouais attaquant et j'allais assez vite, j'ai donc dit en profondeur. Et j'ai été servi pendant les 75 minutes que j'ai jouées. »
Sous les ordres de Jean Vincent, Lacombe dispute ensuite deux autres matches la semaine suivante puis signe un contrat de non-sollicitation et devient professionnel. « Franchement, c'était un conte de fées. C'est à partir de là que j'ai découvert le monde pro. Je pensais, à tort, que tous les clubs pro fonctionnaient comme à Nantes », dit-il dans Ouest-France. « Avec le recul, je peux dire que Nantes avait des années d'avance sur tout le monde à la fin des années 70 et au début des années 80. Franchement, le FC Nantes aurait pu devenir un très grand d'Europe au même titre que le Bayern Munich ou l'AC Milan s'il avait su passer le cap de la Coupe d'Europe. »
« On y passe, on repart, mais on y revient toujours... »
Lacombe ajoute qu'il a été véritablement marqué par l'esprit nantais. « L'accueil pour moi a donc été formidable. Humainement d'abord. Il y avait quelque chose de spécial. Une tolérance envers l'autre comme une marque de fabrique. Presque autant que le jeu. Évidemment, il y avait le jeu, alors là... Arribas a été l'inspirateur de cet esprit nantais. Coco Suaudeau l'a magnifié. C'était un génie de l'entraînement. Précurseur dans tous les domaines. Je n'ai pas forcément perçu tout ça lorsque j'étais joueur. C'est par la suite, quand je suis devenu entraîneur, que j'ai tout assimilé. D'ailleurs, mes premiers stages de coach, je les ai faits à Nantes avec Suaudeau et Denoueix. »
« Je me suis nourri de cet esprit nantais évidemment, conclut Guy Lacombe. Ensuite, c'est Daniel Jeandupeux qui m'a éclairé sur les organisations tactiques. Dès lors, je n'ai plus vu le foot de la même façon. Le jeu pour le jeu, cela ne m'intéresse pas. Le jeu est un moyen de gagner. Après, ce sont les hommes qui construisent les aventures. Les relations entre les joueurs ne s'achètent pas. C'est pour ça qu'il y a quelque chose de fort à Nantes. Le FC Nantes, c'est avant tout une famille. On y passe, on repart, mais on y revient toujours... »