Da Rocha = 400 en pro !



Vous vous souvenez de votre arrivée à la Jonelière ?
« Comme si c'était hier. Ça faisait drôle car je quittais ma région, ma famille. J'avais 16 ans. Mais je savais que c'était pour vivre ma passion. »
Depuis, le football a drôlement évolué...
« Évidemment. Déjà sur le plan médiatique. Aujourd'hui, le moindre truc, on en entend parler. Après, au niveau du jeu, les mecs sont beaucoup plus physiques. Certains sont impressionnants. »
Comment expliquez-vous votre attachement au club ?
« Déjà, je rentrais bien dans le système (collectif). Jeune, je voyais des affiches des anciens. Tu demandais, c'est qui ça ? On te racontait des petits trucs sur eux. Tu apprends à aimer tout ce que représente cette institution. C'est pour ça que lorsqu'on joue, c'est pour représenter ce club. À l'histoire magnifique. »
Avec un titre et deux coupes, vous avez pleinement participé à cette histoire...
« Oui mais comme ceux qui n'ont pas gagné. Après, c'est l'engagement personnel qu'on peut y mettre, le sens du collectif. Car être un joueur de foot, ce n'est pas seulement être sur le terrain. C'est s'intéresser au club. Et tu défends ses couleurs jusqu'à la fin. »
L'intérêt des joueurs pour les anciens : vous n'avez pas l'impression que cela a disparu ?
« Je n'en sais rien. Quand je revois un ancien, il y a toujours cette notion de respect. Quand tu parles avec Henri Michel, excusez-moi mais... Quand tu penses à ce que représente ce monsieur, c'est énorme. »
Vous auriez pu partir à Liverpool, en 2001...
« Je ne regrette rien. »

Ça fait quoi d'être, aujourd'hui, le dernier des Mohicans ?
« Il en reste des joueurs formés ici : Loïc (Guillon), William (Vainqueur)... Dire que je suis le dernier, on ne peut pas dire ça. T'as l'impression que c'est une mort. Il n'y a pas de mort. Il y a d'autres jeunes. Il y en aura d'autres. Je l'espère. Car le FC Nantes, c'est la formation. »
Qu'en est-il de votre situation contractuelle (fin de contrat en juin) ?
« On verra plus tard. Ce n'est pas ma situation qui prime, c'est celle du club. Car un tel club ne doit pas redescende. »
Vous avez envie de rester ou pas ?
« Je me consacre à ce que le club reste en L1. Après, on verra bien. »
Associé à Nantes, on se dit : « Da Rocha, il ne peut pas partir... »
« C'est très sympa mais il peut partir. Si on me propose, peut-être serai-je tenté de rester mais, après, il y a d'autres propositions. C'est sûr, le FC Nantes reste très important pour moi. »
A-t-on des chances de voir votre 400e en L1 avec le FCN ?
« Je ne sais pas. Déjà, il faut qu'on reste en L1... Lorient ? Ça fait drôle de se dire que c'est le 400e sous le même maillot. L'enjeu fait que je pense uniquement à la victoire. »
Jean-Yves Queignec