Larièpe recadré ? Espérons - le !

Publié le par Korrigans Naonedis

Waldemar Kita assume la pleine responsabilité du retour en Ligue 2 en déclarant « cet échec est le mien ». Mais n'est-il pas aussi et surtout celui de Christian Larièpe ?

Si je ne le pensais pas, je serais irresponsable. On est tous mécontents de nous, tous tristes pour le club et pour Waldemar Kita. Les principaux responsables sont les gens à qui il a fait confiance.

Alors en quoi est-ce votre échec personnel ? Jusqu'où va votre responsabilité ?

Dans la mission de recrutement que m'a confié le président, ce n'est pas une réussite. J'assume cette part de responsabilité. Mais il est très réducteur de dire que l'échec tient au seul recrutement...

... mais il y a grandement contribué, non ?

On a essayé de bien travailler. Je dis on, car un recrutement, c'est un travail d'équipe. Il y a eu des réunions techniques auxquelles Michel (Der Zakarian) a été notamment associé. Beaucoup s'accordaient à dire, et notamment une bonne partie de la presse, que nous avions bien bossé...

... mais le résultat n'a pas été probant.

La greffe n'a pas pris. Et une greffe qui ne prend pas met en difficulté le rendement de l'équipe. L'important, aujourd'hui, est d'en analyser les raisons. Pourquoi la sauce n'a-t-elle pas prise ? Ce que je remarque, c'est que ça ressemble étrangement à ce qui s'est passé les années précédentes.

Et alors ?

Alors, plutôt que de viser les hommes, il faut identifier les causes profondes. Ça fait trop de saisons que ça ne marche pas, que des gens qui étaient à ma place se sont plantés. Le poids de l'histoire lié à l'identité du club, les structures sont aussi en cause. L'abandon de la formation remonte à plusieurs années. J'ai toujours défendu l'idée que le recrutement d'une équipe devait être fait à 75% dans le centre de formation du club et qu'il fallait enrichir le groupe en greffant 2 à 3 renforts extérieurs.

Et à Nantes, il n'y a plus ce vivier...

Notre groupe, cette année, comptait un seul joueur de la génération 88, William Vainqueur, et un seul 89, Ronny Rondelin, qu'on a fait venir l'été dernier. En créant une mosaïque comme on a été contraint de le faire, c'est forcément plus dur, plus risqué.

Vous êtes vous préparé à ce que Waldemar Kita vous demande de prendre du recul ?

J'ai des rapports suffisamment clairs et fusionnels avec lui pour que nous ayons une discussion franche. S'il me retire mes prérogatives de directeur technique ou juge nécessaire que je prenne du recul, j'accepterai. Mais dans la mission qu'il m'a confiée, le recrutement n'est qu'un élément. Il m'a aussi demandé de réorganiser la formation, de lui donner de nouveaux moyens et sur ce plan, j'ai le sentiment d'avoir mené à bien cette mission, d'avoir remis de l'ordre dans la maison. Ça ne se voit peut-être pas encore, mais on a préparé l'avenir.

Et pourtant, l'équipe dirigeante, le président, vous même, êtes la cible de sévères critiques. Comment restaurer le crédit des dirigeants ?

On aime tous le FC Nantes. On ne peut pas nous accuser de ne pas l'aimer. On a fait des erreurs, mais on essaie de faire de notre mieux. Ce dont a besoin ce club, c'est d'honnêteté.

Quel message doit-on comprendre ?

Que le projet réclame qu'il y ait une locomotive (le président) et des wagons qui soient tous à leur place. Que ceux qui aiment le club ou prétendent l'aimer s'inscrivent dans ce projet ou ne s'y retrouvent pas. S'ils ne sont pas d'accord, ils s'en vont. C'est simple. Tout ce qui peut brouiller la réussite ou la parasiter doit s'effacer. Il faut que les hommes se démasquent.

Jouez-vous cartes sur table ?

Je ne brouille pas et je ne parasite pas le projet de Waldemar Kita.



Recueilli par Max FOUGERY.

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Publié dans La maison jaune

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