Christian Gourcuff dans la lignée Nantaise !
Vous avez entraîné Rennes, Lorient et vous venez d’être élu Merlu du siècle par les internautes de Ouest-France. Vous songez à faire toute votre
carrière d’entraîneur en Bretagne ?
J’ai fait vingt ans en tant qu’entraîneur à Lorient, j’y ai forcément laissé chose. Après, on verra. Je pense que je reste l’un des derniers entraîneurs à symboliser un club. Guy Roux a arrêté avant moi et la tradition nantaise s’est éteinte avec le départ de Raynald Denoueix. Aujourd’hui, les entraîneurs sont des Kleenex, qui passent, que l’on jette et qui partent aussi. Une aventure comme celle que j’ai vécue et que je vis avec Lorient, on n’est pas près de revoir ça de sitôt.
On a associé dernièrement votre nom à celui de Nantes. Vous auriez pu entraîner au FC Nantes, sous la houlette de Waldemar Kita qu’on décrit comme omniprésent ?
Je n’ai pas à répondre à cette question. C’est vrai que je me suis demandé si je devais quitter Lorient. J’ai sollicité mon président pour qu’il me libère de ma dernière année de contrat. Il a refusé catégoriquement et je n’ai pas souhaité insister. Je trouve d’ailleurs assez malsain d’aller au bras de fer, surtout lorsqu’on a un poste à responsabilité. Dans un an, je me donnerais le temps de la réflexion. C’est vrai qu’être sous contrat, c’est une garantie. Mais on s’aperçoit également que dans des cas comme celui-ci,
on n’est pas libre non plus de son choix. C’est parfois un handicap.
Vous n’avez jamais songé à prendre les commandes d’une formation plus huppée ?
Je ne me pose pas la question comme ça. Vous savez, les entraîneurs aujourd’hui ne sont plus mutés pour leurs qualités intrinsèques mais par des réseaux de recrutement. En ce qui me concerne, ce sera la motivation du club de me recruter qui l’emportera. C’est ce qui m’avait poussé à répondre favorablement à la demande de M. Pinault à Rennes. J’étais venu m’inscrire dans un projet et c’est aussi pour ça que mon limogeage un an après m’avait fait autant de mal.