Fin de carrière pour Eric !

Vous avez 36 ans, comptez-vous arrêter à la fin de la saison ?
Il y a de grandes chances que j'arrête ma carrière à la fin de la saison. Je vais prendre 37 ans le 24 mai prochain. Je me dis que c'est bien d'avoir pu profiter pleinement de ma passion en tant qu'acteur. Je m'y étais déjà préparé à la fin de la saison 2007-08 (Ndlr : Eric Carriere jouait alors au RC Lens). Après ma carrière, je vais avoir besoin de couper. Même si c'est ma passion, il y a beaucoup de pression dans le monde du football. Il faut aussi s'entretenir physiquement. A terme, le président de Dijon aimerait que je m'investisse dans le club. A priori, je pense qu'on va faire un petit bout de chemin ensemble.
A 36 ans, est-ce facile de rester en forme physiquement et mentalement ?
Un sportif, quel qu'il soit, se nourrit de résultats et de plaisir. Le plaisir de jouer, je l'ai et je l'aurai toujours comme la plupart des footballeurs, qui souvent continuent à jouer entre copains. Par contre, au niveau psychologique et physique, avec l'âge, c'est plus difficile. Je comprends mieux certains joueurs qui arrêtent leur carrière assez tôt, notamment ceux qui ont débuté jeune en centre de formation. Maintenant, je m'éclate toujours à jouer et à faire des petits jeux à l'entraînement. Mais lorsqu'il faut aller courir, notamment en hiver, c'est moins drôle (rires).
Revenons à présent sur les différents épisodes de votre carrière. Tout d'abord, avez-vous digéré la descente quelque peu dramatique vécue avec Lens ?
Oui et non. Oui, car le club est remonté en Ligue 1, avec un public qui mérite d'être à ce niveau. Non, parce qu'avec l'équipe que nous avions, ce n'était pas logique de descendre. Quand on est compétiteur, on n'aime pas les défaites. En plus, cette année-là, on perd en finale de la Coupe de la Ligue.
Que pensez-vous de la situation du FC Nantes, votre club formateur ?
Le FCNA a beaucoup changé depuis quelques années. Quand j'y étais, on était encore dans un club qui jouait beaucoup sur la formation. C'est largement moins le cas maintenant. En terme de résultats, c'est compliqué cette saison. Les changements d'entraîneurs ne sont pas évidents à gérer. On va bientôt jouer contre eux. Je suis très heureux d'y aller, ça va me rappeler de très bons souvenirs. Aujourd'hui, il y a beaucoup de personnes qui sont parties. Je pense que le dernier qui mettait l'accent sur les résultats et la formation, c'était Reynald Denoueix.
Son départ a-t-il tout changé à Nantes ?
Grandement. Mais avec les présidents, un peu particuliers, qui ont suivi et les choix à propos du centre de formation, les résultats d'aujourd'hui sont logiques. On voit de moins en moins de jeunes Nantais sortirent du centre de formation. Mais ce n'est pas facile de mettre l'accent sur la formation parce que maintenant, les jeunes joueurs, même à 13 ou 14 ans, il faut les acheter. C'est ce qui a changé depuis dix ou quinze ans. Il faut donc trouver les bonnes personnes, les bons éducateurs et mettre les moyens. Ça me touche de voir le club dans cette situation comme ça m'embêtait de voir Lens en Ligue 2.
Quels sont vos meilleurs souvenirs en équipe de France (Ndlr : Eric C arrière a été sélectionné à dix reprises et marqué cinq buts) ?
J'ai eu la chance d'avoir ma première sélection pendant la Coupe des Confédérations, contre la Corée du Sud (5-0) en 2001. Pour l'adaptation, c'était génial. C'était mon meilleur moment avec l'équipe de France. J'ai fini ma carrière en Bleus contre la Yougoslavie (Ndlr : Le 20 novembre 2002 au Stade de France). On avait gagné 3-0 et j'avais inscrit un doublé. C'était beau. Je ne le savais pas à l'époque, mais j'ai fini là-dessus. C'était une super soirée. A l'époque, le style de l'équipe de France collait très bien avec ma philosophie de jeu.