Gourcuff à Nantes? ... il y a un an !
Mai 2009, on apprend que le président du FCN Waldemar Kita a rencontré le coach lorientais Christian Gourcuff pour le poste d'entraîneur, vacant à l'époque. Un an après, le Breton évoque ce rendez-vous et la situation d'un club qui lui est cher...
Oui, il était intéressé par ma venue, car il pensait que j'étais capable de restaurer l'image du FC Nantes. C'est ce qui m'intéressait dans sa démarche. Quand on vient me chercher pour mes idées et mon travail, ça m'intéresse. Mais Lorient n'a pas voulu me libérer, le dossier nantais s'est donc clos assez vite...
Cela fait longtemps que Nantes, tel que je l'ai connu et aimé, est mort. Quand Raynald Denoueix, fin 2001, a été limogé c'était déjà une première révolution. Après, la suite pour ce club n'est que l'illustration de l'évolution du foot business. Quand on tourne le dos à des valeurs et une philosophie qui ont fait ta force, forcément, il y a des conséquences catastrophiques...
Dans le foot, rien n'est acquis, mais rien n'est perdu non plus. Ce sont des cycles. Mais, c'est souvent plus rapide de détruire que de reconstruire. Pour Nantes, il est préférable de repartir à zéro. C'est vraiment ce que je souhaite car il y a un potentiel énorme en terme de public. Ce dernier est connaisseur et éduqué avec une certaine idée du football.
Parce que je suis assez proche de Denoueix au niveau de la conception du foot. On fait partie du même courant. Mais, selon moi, la personne la mieux à même de restaurer le FCN, c'est Denoueix lui-même.
Moi, je n'ai plus d'objectif de carrière. Ce qui m'intéresse, c'est d'être à un endroit où on me souhaite vraiment et de travailler avec mes idées. Il est vrai toutefois que ma conception du foot est proche de ce qui se faisait avant à Nantes.
Ce n'est pas du tout ma conception du rôle. A Lorient, j'ai un avis sur tout: la formation, la gestion des pros et le recrutement. Après, il faut une solidarité, l'efficacité est à ce prix. Dans un club, c'est ça qui est le plus dur car on se tire de plus en plus dans les pattes. Là où les coachs restent peu de temps, c'est néanmoins difficile d'avoir une emprise sur le recrutement qui engage le club sur quatre ou cinq ans.