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Ouest - France !

Ligue 2. Gueugnon - FC Nantes : 1-1.
Les Canaris se sont fait rejoindre dans le temps additionnel au terme d'un festival de mauvaises passes.
GUEUGNON (de notre envoyé spécial).
Jean Laville, joli champ de désolation que les Nantais ont d'ailleurs quitté (pour certains) par la petite porte, au propre comme au figuré... L'équipe de Michel Der Zakarian s'est lancée dans l'humanitaire. Version Croix-Rouge pour désespérés. Là où chacun a pris son dû et empoché les trois points de la victoire (2 succès, 3 nuls et 8 défaites avant cette journée pour Gueugnon à domicile) les coéquipiers de Jean-Jacques Pierre ¯ capitaine d'un vaisseau fantôme ¯ ont trouvé le moyen de faire un piteux match nul alors qu'ils évoluaient en supériorité numérique depuis la 73e suite à l'expulsion de Grégori.
Le FC Nantes avait ouvert le score sur un malentendu après 16 minutes de jeu. Un penalty de Dossevi pour une faute peu évidente sur Djordjevic. De quoi ranger au vestiaire tous les discours de circonstance sur la pression du résultat, l'esprit survolté de l'adversaire...
Gueugnon n'avait rien d'un foudre de guerre. Dans un festival de mauvaises passes, Nantes avait trouvé son maître. Les joueurs de Michel Der Zakarian jouaient à la balle comme des gamins dans une cour d'école, sans but précis, juste la volonté de la confisquer. On se disait encore qu'une bonne engueulade dans le vestiaire vieillot de Jean Laville allait réveiller les esprits embrumés des Canaris après le repos.
C'était encore faire croire aux moins de 15 ans que le jeu à la Nantaise ressuscitera un jour. Nantes a reculé au point d'installer sa tente dans sa propre surface de réparation durant le dernier quart d'heure.
Comme un beau diable, Tony Heurtebis a paré avec succès au plus pressé pour endiguer les voies d'eau. Mais quand le préposé au temps additionnel a sorti le petit panneau indiquant trois minutes supplémentaires, lui aussi a fini par plier. Un centre anodin, un Shereni aux fraises et une reprise de volée de Kharbouchi (90'+2') dans la lunette opposée avec l'aide de la transversale. Gueugnon ne l'a pas volé (1-1).
En revanche, Nantes a fait pleurer. Michel Der Zakarian ne s'est pas attardé à l'heure des explications. L'entraîneur nantais a fait dans le synthétique. Un seul jet, concis, précis mais juste : « Quand vous ne jouez pas, vous donnez le bâton pour vous faire battre et il vous revient dans la figure. On a été affligeant ! Ce n'est pas normal. Avoir en face de soi une équipe qui joue à dix et se faire bouger autant, je ne comprends pas. On avait le ballon et personne ne bougeait. On a été d'une grande pauvreté. »
L'entraîneur nantais n'a pas élevé la voix dans le vestiaire. « Je n'ai rien dit, ça ne sert à rien. Demain (ce mardi), on verra la vidéo.
Il sera déconseillé de s'endormir. On appelle ça la double peine : « Je suis vraiment déçu de notre prestation. »
Impardonnable, inexplicable.
Ses joueurs apprécient décidément de jouer à cache-cache. Pas un pour en rattraper l'autre si on excepte Tony Heurtebis, le seul finalement à postuler à une place en Ligue 1. Le plus réaliste également. « On a manqué de mobilité, de liant, d'envie. Il faut que cela nous serve de leçon. L'objectif était de rester à la hauteur du Havre, on est maintenant à trois longueurs. Il faudra mettre d'autres ingrédients pour se rapprocher. »
Très modestement, nous, on appelle ça le jeu. Trois lettres que le FC Nantes ne parvient pas à additionner.
Ch. DELACROIX.
Ouest-France