Nantes en Bretagne : Enorme les 5 départements réunifiés ...
La Bretagne à cinq départements, ils y croient
Ils étaient presque tous là. Sur notre photo : Marc Le Fur, Mona Braz, Denis Seznec, Irène Frain, Noël Couëdel, Christian Guillemot, Jacques Le Guen.
Alors que la Commission Balladur s'apprête à rendre sa copie sur la réforme territoriale, les Bretons font bloc pour plaider la réunification.
L'ouverture lancée par Nicolas Sarkozy, cette possibilité « d'un Nantes en Bretagne... » a réveillé toutes les ardeurs des partisans de la réunification de la Bretagne historique. Alors qu' Édouard Balladur doit avancer, d'ici à la fin du mois, ses propositions sur la réforme des structures territoriales, tous les réseaux et personnalités « breizoù » étaient à Paris, hier. Politique, culturel, mais aussi, et c'est nouveau, économique.

François de Rugy. Pour le député nantais (Verts), c'est « l'occasion ou jamais » de lancer le processus de réunification. Les Verts, reçus par Edouard Balladur, « mettent le dossier sur la table ». Il vient d'écrire aux parlementaires PS et UMP des cinq départements en leur demandant « d'unir leurs forces ».
Jean Ollivro. Pour le géographe, la question ¯ épineuse ¯ de la capitale (qui choisir entre Rennes et Nantes), « ne se pose pas » dans une Bretagne qui a « la chance d'être constituée d'un fort réseau de villes moyennes ».

Christian Guillemot. Le chef d'entreprise (l'un des cinq frères de la saga morbihanaise d'Ubisoft) ajoute que « plus la région sera forte », plus elle sera « économiquement de taille » à affronter l'Europe. Il annonce le ralliement à la « cause réunificatrice », des principaux grands patrons bretons, ceux du Club des 30 et de l'Institut de Locarn.
Patrick Malrieu. Pour le président du Conseil culturel, c'est une « évidence », tout le monde « s'accorde » à reconnaître la structure géographique historique et culturelle de la Bretagne, « stable depuis dix siècles ». Le retour à la cohérence « s'impose » avec d'autant plus de force « qu'il existe désormais cette volonté de destin commun ».

Irène Frain. L'écrivain, attaché à ce qui « fonde le sentiment d'appartenance à la Bretagne », souligne qu'il est heureux, en ces temps de crise, « qu'un tel élan fédérateur » surgisse à la pointe de l'Europe. Concluant, avec lyrisme, « La Bretagne, ce n'est pas qu'une terre, c'est une volonté... »
Dominique de Legge. Le sénateur (UMP) d'Ille-et-Vilaine martèle : « L'opportunité est historique. » La porte est aujourd'hui ouverte, « à nous, tous unis, de savoir en profiter ».
Jean-Yves Le Drian. Le président de la Région Bretagne rappelle que, depuis 1997, les élus du conseil régional, à l'unanimité, ont constamment renouvelé leur voeu d'une Bretagne réunifiée. Il a remis ce voeu, renouvelé en décembre, à Nicolas Sarkozy et Édouard Balladur. Mais il fallait aussi une autre voix que celle des politiques, il fallait que la société civile s'en empare, « d'une voix forte, en ce moment opportun ».

Christophe VIOLETTE (avec Marc LE DUC).
Ouest-France